Sur les corps anonymes j’ai cherché ta peau
Et dans chaque souffle j’ai voulu ta bouche
Aux corps anonymes j’ai voulu dire les mots
Ceux que tu espérais pour ôter les doutes
Je les ai pleurés sur les corps anonymes
Ces mots écrits pour toi que tu n’attendais plus
Et les corps anonymes les ont tous effacés
Aux langueurs de nuits moites et d’aubes repues
D’autres mots sont nés, c’est un corps anonyme
Qui me les a soufflés dans le vent du chagrin
Un de ces matins où je crachais ma bruine
En pensant qu’après toi, il n’y avait plus rien
Rien, après tes lèvres molles de sommeil
Tes douces colombes aux nervures bleuies
Qui remplissaient mes mains, envahissaient mes nuits
En pensant qu’après ça, il n’y aurait plus rien
Au corps anonyme
J’ai cousu un prénom
Qui n’était pas le tien
Et ta voix s’en est allée
S’en est allée au loin
Je remercie Armandie qui m'a permis d'utiliser une de ses photos pour illustrer ce poème.


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